Les bienfaits du projet Cultures du coeur

30 juin 2015

La médiation culturelle peut-elle s’ajouter aux outils d’intervention à la disposition des travailleurs sociaux? C’est la question au cœur des travaux menés par la chercheure Kheira Belhadj-Ziane, mandatée pour évaluer les premiers pas de Cultures du cœur en Estrie. Publié sous la direction de l’Institut universitaire de première ligne en santé et services sociaux, son rapport laisse peu de doute : cette approche nouvelle « présente un excellent potentiel lié à l’utilisation des forces, au développement des capacités, à l’empowerment, à la reconnaissance, au soutien social et à la mise en mouvement, pouvant mener les usagers vers l’inclusion sociale.»

Nouvelle intervention sociale et recherche

Au Québec, l’Estrie a servi d’incubateur pour le projet Cultures du cœur, qui fait le pari de la médiation de la culture – des billets pour un spectacle, un concert, un musée -  pour renforcer les liens familiaux et sociaux, lutter contre l’isolement social, développer le sens de l’autonomie, responsabiliser les personnes et favoriser ultimement une « attitude citoyenne ».

Professeure au département de travail social à l’Université du Québec en Outaouais, Kheira Belhadj-Ziane a rencontré plus d’une cinquantaine de personnes, des entrevues collectives ou individuelles qu’elle a menées autant avec des usagers que des intervenants sociaux ou des responsables d’organismes culturels.

Une réelle différence

Le bilan semble positif. Du côté des usagers, on mentionne l’ouverture que provoque la sortie culturelle, un moment déclencheur et  bénéfique : un sentiment de bien-être, l’émergence d’un réseau de soutien social, un sentiment de reconnaissance, et pour certains un tremplin vers le développement de nouvelles habiletés sociales (prendre l’autobus, prendre soin de soi , etc.).

Pour les médiateurs culturels, les intervenants ou les bénévoles qui encadrent le processus, l’approche fait l’unanimité : «Cultures du cœur permet de travailler l’intervention sous un autre angle, davantage axé sur les forces et les aspirations des usagers, lit-on dans le rapport de l’IU de première ligne. Par contre, la médiation change la distance habituelle usager – intervenant : elle crée « une proximité relationnelle que la plupart (des intervenants) disent n’avoir jamais vécue jusque-là, et qui génère des questions sur les nouvelles balises éthiques à établir. » Un médiateur culturel précise : « On marche parfois sur des œufs! »

Les organismes culturels aussi soulignent les bénéfices de cette approche qui les aide à remplir leur mission sociale.

Alors, tout est beau? La médiation culturelle doit tout de même résoudre plusieurs questions dans le domaine de la gouvernance, de la formation et de l’accompagnement des partenaires du projet. Et surtout, il reste des défis du côté de l’intégration de cette approche aux diverses pratiques d’intervention sociale.

Fort de cette recherche, l’IU de première ligne souhaite la faire connaître à travers le réseau de la santé et des services sociaux pour soutenir l’émergence de cette innovation dans la pratique d’intervention sociale ailleurs au Québec, faciliter sa reconnaissance et ajouter ainsi la médiation culturelle aux outils qui permettent, ultimement, d’améliorer la santé et les conditions de vie de la population.


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